Bloguer au Québec

Vu d’ici – Seen from here: So you wanna be a rockstar?: L’état de la blogosphère Québécoise:
Des notions intéressantes sur le développement de plusieurs blogues au Québec. D’ailleurs, mon entrée de blogue sur le dynamisme et la vitalité de la culture québécoise était toujours dans ma liste de brouillons mais le billet de Marie-Chantal me pusse à le publier. Elle est un peu la suite de mon QueCon Blues d’il y a un mois mais avec plus de commentaires sur la sphère médiatique québécoise (et la convergence) de mon point de vue semi-extérieur.
C’est vrai que le Québec n’est pas entré à pieds joints dans la blogosphère ou dans d’autres modes de distributions de contenus en-ligne. Mais certains blogueurs sont suffisamment visibles que l’effet du phénomène du blogue se fait sentir au Québec presque autant qu’ailleurs. Une partie de la situation s’explique par le fait d’être une société relativement petite, de la même taille que la Suisse ou la Suède, disons. D’un autre côté, nos blogues ont souvent une saveur particulière, comme semblent le souligner certaines études (voulais justement bloguer là-dessus, un de ces jours).
Pour ce qui est de la langue, c’est une grande question, évidemment. Pour ma part, elle se pose un peu moins dans le contexte de mes séjours aux États-Unis (à Northampton, MA en ce moment) et de mon travail académique en anglais. Bloguer en anglais, c’est une façon pour moi de pratiquer certaines techniques d’écriture en anglais. Et comme on le sait tous, on peut pas vraiment écrire en anglais comme on écrit en français.
Malgré tout, ça demeure mon intention de bloguer plus souvent en français. Quoique, cette intention a changé un peu. Puisque les Anglophones en général connaissent moins ce qui se passe chez les Francophones, ça me tente souvent d’écrire en anglais sur des choses qui touchent les francophones. Il y a déjà un blogue montréalais qui fait un peu ça, mais ma position est un peu plus extérieure (après avoir vécu hors du Québec un certain temps: Suisse, Mali, Indiana, Nouveau-Brunswick, Massachusetts). La nostalgie me pogne assez souvent, surtout au début de l’été! (Saint-Jean, terrasses, Festival de Jazz, gens heureux dans les rues, etc.). Parler du Québec à des gens qui ne le connaisse pas, ça me fait plaisir. Parler du Québec à des Québécois, ça vire vite à une discussion sur les faits d’actualité.
La question de la présence des femmes sur la blogosphère est intéressante. On voit souvent le Québec comme un des rares coins de l’Amérique du Nord où les femmes et les hommes sont assez souvent (vraiment pas toujours, mais assez souvent) traités de façon pas mal similaire. Plus qu’aux États-Unis, en tous cas! Mais le Québec est pas trop le royaume de la geekette. La proportion femmes/hommes est certainement plus élevées qu’elle était il y a quelques années (avant la fameuse catastrophe) mais probablement encore assez basse. Pas que c’est si différent ailleurs mais dans une société qui accorde une place relativement importante à des femmes de tête, on dirait que l’aspect technologique est un peu mis de côté.
Aussi, c’est intéressant de parler de Julie Snyder puisque c’était un des points de départ de mon entrée sur la culture québécoise. Selon l’article qui m’a poussé à envoyé mon billet, Julie Snyder a probablement plus d’influence sur la culture québécois qu’on a tendance à le remarquer. Si elle se met à bloguer (ou à podcaster), ça peut être l’élément déclencheur de toutes sortes de choses, du plus cool au plus poche.

About enkerli

French-speaking ethnographer, homeroaster, anthropologist, musician, coffee enthusiast. View all posts by enkerli

4 responses to “Bloguer au Québec

  • Clodimedius

    Encore pris dans nos bancs de neige ?

    Il est certes fort à propos de s’interroger sur l’état de la blogosphère au Québec. Pour les blogueurs francophones, encore plus pour ceux du Québec, le web sémantique et ses étiquettes françaises (tags) permettent maintenant de repérer facilement des billets sur des thèmes spécifiques. Les outils que Technorati ou Del.icio.us sont francisés; nous avons maintenant l’opportunité d’établir des catégories nous étant tout à fait particulières, pourquoi pas ? Une folksonomie québécoise est en devenir.

    Ayant choisi d’être hébergé chez WordPress en explorant des thèmes n’étant pas spécifiques au Québec, tels que l’astrophysique, la cosmologie ou la cybernétique, cela conduit à un point de vue un peu différent sur la francité des blogues. Ces billets n’attireront pas les masses – et ce n’est pas l’objectif pour le moment. Heureusement, depuis quelques semaines, on peut parcourir sur le portail de WordPress différents palmarès maintenant classés par langage, permettant ainsi de repérer facilement un blogue tel celui-ci. Mais ici, nous parlons uniquement de français, et non du Québec. WordPress héberge près de un quart de millions de blogues, imaginez les Québécois là dedans… ils ne sont pas légion !

    Alors, si on veut se concentrer uniquement sur le phénomène québécois des blogues, doit-on avouer qu’il n’est pas simple de les repérer. Je me souviens de m’être inscrit à un défunt annuaire québécois des blogues http://www.quebeblogues.com sur lequel il n’était même pas possible de faire une recherche, sinon en tournant les pages une à une.

    Cette réflexion sur l’état de la blogosphère québécoise serait comme le pendant logique d’un constat inévitable pour les blogueurs : ce besoin criant d’être vu, d’être lu, d’être répertorié… presque pathologique chez certains blogueurs qui insistent un peut trop la dessus. Peu nombreux, nous sommes dans cette logique Grattes-moi le dos et je vais te le gratter aussi. On a parfois l’impression, à lire tant de billets sur ce thème «comment vous faire voir» que nous souffrons tous de la maladie du référencement : rechercher inlassablement des annuaires, s’y inscrire et espérer voir le compteur grimper.

    Mais à quel prix ? Souvent, pour un contenu qui laisse à désire, au profit d’un besoin maladif de publier billet sur billet, même si on a rien à dire ? Cela ne risque-t-il pas de créer une espèce de pollution littéraire et de diluer encore plus notre spécificité québécoise ? Outre les blogues reconnus de journalistes ou plus officiels d’institutions, la question véritable est de connaître les motifs réels pour bloguer.

    Le blogue est certes une fantastique plateforme collaborative pour partager ses recherches, réflexions ou opinions sur un thème qui passionne le blogueur; ainsi, on peut repérer petit à petit des lecteurs ou des lectrices partageant nos intérêts. Il est bien agréable de s’établir graduellement un réseau de correspondants les partageant, en laissant ici et là quelques commentaires sur des billets traitant de thèmes similaires. Plus agréable, en tous cas, que de passer son temps à se demander comment augmenter son lectorat; mais ceux qui partagent notre passion ne sont pas nécessairement ceux qui habitent notre nation en devenir, rappelons-le.

    Certes, la spécificité de la culture québécoise est indéniable; on pourra voir éclore des blogues sur le nationalisme, la culture artistique, littéraire ou cinématographique propre au Québec. Tous ces thèmes peuvent être développés avec intérêt et originalité et méritent certes qu’on y porte attention. Cela est indéniable. Mais est-il vraiment nécessaire de devenir soudainement ethnocentriques et de nous prendre pour le nombril du monde ?

    Beaucoup de blogues francophones peuvent être repérés, en recherchant dans les thèmes qui nous intéressent à l’aide des étiquettes dans les engins les plus reconnus. Pour les blogueurs qui voudraient focaliser sur des thèmes spécifiques au Québec, il y a énormément de potentiel, dans la mesure où on se concentrera sur ceux-ci. Il y en a aussi qui ne sont pas spécifiques au Québec, notamment au niveau de la science, de la philosophie, de la sociologie, de l’anthropologie par exemple. Toute dissertation sur des phénomènes sociaux ne doit pas nécessairement aboutir à tout prix sur la spécificité québécoise, parce qu’on se pense un blogueur québécois. Inutile non plus de vouloir alors se réfugier sous la bannière de blogue québécois.
    Nous sommes peu nombreux pour le moment à bloguer en français sur la planète, mais est-ce si épouvantable ? Nous pouvons aussi bloguer en québécois avec nos bancs de neige, notre maudit hiver, notre calcium, notre Labatt Bleue, nos gros chars, nos chars allégoriques de la Saint-Jean, notre PQ, notre forêt boréale, notre Hydro, nos Fred Pellerin, Star Académie, Cirque du Soleil, Céline Dion, Télé-Québec, notre Journal de Moréal ou notre Devoir…. Nous sommes sans doute encore moins nombreux. Les choix ne manquent pas pourtant ! Si le cœur vous en chante, vous pouvez créer une catégorie poutine, pourquoi pas… Tiens, un blogue sur la poutine, qui en aura l’audace ?

    Nous sommes un peuple créatif et il y a tant de place à l’originalité, à l’humour aussi qui nous qualifie bien. Nous pouvons apprendre au reste de la planète qui nous sommes aussi intéressés par cette enfilade de thèmes, improvisée ici par un jeu spontané d’associations libres, sans malice. Et tous ces thèmes s’ouvrent sur tant d’autres. Laissez-vous aller si le cœur vous en dit.

    Nous pouvons très bien partager nos affinités. Pour tous ceux et tous celles que la culture québécoise intéresse plus particulièrement, nous pouvons nous distinguer; mais n’oublions par non plus de nous distinguer par la pertinence de nos thèmes, par la qualité du français ou du québécois pour ceux qui veulent explorer ce filon. En fait, aucune objection pour qui se demanderait, comme Yvon Deschamps, «les blogues, qu’ossa donne ? »

    Même chose pour qui voudrait bloguer de sa cuisine et nous parler de l’arôme de son café fraîchement torréfié; le blogue personnel est aussi une belle forme de journal intime aussi, ouvert sur le Web pour ses amis et ses connaissances et aux visiteurs inconnus de surcroît. C’est merveilleux aussi, il ne faut pas décourager ces initiatives de petites communautés personnelles. On aime zapper sur la télé et on le fait aussi sur le Web. Même si le blogue univers zéro un – l’autre versant du labo – est un peu empesé, son auteur utilise aussi du papier hygiénique, en plus du papier de ses cahiers de notes !

    Mais retenons avant tout ceci : Depuis 30 ans, nous avons de la difficulté à gérer notre identité, votant bleu, votant rouge, votant bleu, votant rouge, disant non, oui, peut-être, avançant, reculant… Pour reprendre cette inénarrable parodie de la limousine de Jean Chrétien prise dans son banc de neige, le flag du Canada accroché sur son antenne : «t’avances, t’arcules, t’avances, t’arcules, mais t’es toujours dans ton char du Canada».

    Ne faisons pas ainsi avec nos blogues, définissons-nous certes, mais ne nous empêchons pas de nous ouvrir sur le Monde dans la mesure du possible et de traiter de l’Universel aussi.

  • Michel Leblanc

    Comme tu m’interpellais depuis le blogue de M-C Turgeon, je trouvais qu’il était plus poli de te répondre ici que chez elle. Aussi, étrangement, Bruno Guglielminetti de Radio-Canda, faisais référence au papier de M-C, et là aussi je me suis inscrit en faux sur l’impression que M-C laisse qu’il y a peu être trop de blogues au Québec. Comme suite à ce commentaire, Guglielminetti me téléphone pour une entrevue qu’il mettra disponible en podcast sur son blogue dans les prochains jours. Quelle drôle de coïncidence ! Pour répondre à ta question quel est ton avis sur la ballado-diffusion au Québec? Je pense qu’ils sont comme pour les autres technologies au Québec, c’est-à-dire 2 ans de retard sur les Américains. D’ailleurs, le week-end dernier, j’ai fait moi-même mes premiers podcast sur mon nouveau blogue http://www.cote-givre.blogspot.com , mais je travaille tous les jours en techno. Je crois donc que malgré que la techno ne soit pas difficile à apprivoiser, il faudra encore attendre avant que ce phénomène ne se répande davantage.

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