Monthly Archives: March 2009

Présence féminine et culture geek (Journée Ada Lovelace) #ald09

En 2009, la journée de la femme a été hypothéquée d’une heure, dans certaines contrées qui sont passées à l’heure d’été le 8 mars. Pourtant, plus que jamais, c’est aux femmes que nous devrions accorder plus de place. Cette Journée internationale en l’honneur d’Ada Lovelace et des femmes dans les domaines technologiques est une excellente occasion pour discuter de l’importance de la présence féminine pour la pérennité sociale.

Pour un féministe mâle, le fait de parler de condition féminine peut poser certains défis. Qui suis-je, pour parler des femmes? De quel droit pourrais-je m’approprier de la parole qui devrait, selon moi, être accordée aux femmes? Mes propos ne sont-ils pas teintés de biais? C’est donc d’avantage en tant qu’observateur de ce que j’ai tendance à appeler la «culture geek» (voire la «niche geek» ou la «foule geek») que je parle de cette présence féminine.

Au risque de tomber dans le panneau du stéréotype, j’oserais dire qu’une présence accrue des femmes en milieu geek peut avoir des impacts intéressants en fonction de certains rôles impartis aux femmes dans diverses sociétés liées à la culture geek. En d’autres termes, j’aimerais célébrer le pouvoir féminin, bien plus fondamntal que la «force» masculine.

Je fais en cela référence à des notions sur les femmes et les hommes qui m’ont été révélées au cours de mes recherches sur les confréries de chasseurs, au Mali. En apparence exclusivement mâles, les confréries de chasseurs en Afrique de l’ouest accordent une place prépondérante à la féminité. Comme le dit le proverbe, «nous sommes tous dans les bras de nos mères» (bèè y’i ba bolo). Si le père, notre premier rival (i fa y’i faden folo de ye), peut nous donner la force physique, c’est la mère qui nous donne la puissance, le vrai pouvoir.

Loin de moi l’idée d’assigner aux femmes un pouvoir qui ne viendrait que de leur capacité à donner naissance. Ce n’est pas uniquement en tant que mère que la femme se doit d’être respectée. Bien au contraire, les divers rôles des femmes ont tous à être célébrés. Ce qui donne à la maternité une telle importance, d’un point de vue masculin, c’est son universalité: un homme peut ne pas avoir de sœur, d’épouse ou de fille, il peut même ne pas connaître l’identité précise de son père, il a au minimum eu un contact avec sa mère, de la conception à la naissance.

C’est souvent par référence à la maternité que les hommes conçoivent le respect le plus inconditionnel pour la femme. Et l’image maternelle ne doit pas être négligée, même si elle est souvent stéréotypée. Même si le terme «materner» a des connotations péjoratives, il fait appel à un soi adapté et sans motif spécifique. La culture geek a-t-elle besoin de soins maternels?

Une étude récente s’est penchée sur la dimension hormonale des activités des courtiers de Wall Street, surtout en ce qui a trait à la prise de risques. Selon cette étude (décrite dans une baladodiffusion de vulgarisation scientifique), il y aurait un lien entre certains taux d’hormones et un comportement fondé sur le profit à court terme. Ces hormones sont surtout présentes chez de jeunes hommes, qui constituent la majorité de ce groupe professionnel. Si les résultats de cette étude sont valables, un groupe plus diversifié de courtiers, au niveau du sexe et de l’âge, risque d’être plus prudent qu’un groupe dominé par de jeunes hommes.

Malgré d’énormes différences dans le détail, la culture geek a quelques ressemblances avec la composition de Wall Street, du moins au point de vue hormonal. Si l’appât du gain y est moins saillant que sur le plancher de la Bourse, la culture geek accorde une très large place au culte méritocratique de la compétition et à l’image de l’individu brillant et tout-puissant. La prise de risques n’est pas une caractéristique très visible de la culture geek, mais l’approche «résolution de problèmes» (“troubleshooting”) évoque la décision hâtive plutôt que la réflexion approfondie. Le rôle du dialogue équitable et respectueux, sans en être évacué, n’y est que rarement mis en valeur. La culture geek est «internationale», en ce sens qu’elle trouve sa place dans divers lieux du Globe (généralement définis avec une certaine précision en cebuees névralgiques comme la Silicon Valley). Elle est pourtant loin d’être représentative de la diversité humaine. La proportion bien trop basse de femmes liées à la culture geek est une marque importante de ce manque de diversité. Un groupe moins homogène rendrait plus prégnante la notion de coopération et, avec elle, un plus grand soucis de la dignité humaine. Après tout, le vrai humanisme est autant philogyne que philanthrope.

Un principe similaire est énoncé dans le cadre des soins médicaux. Sans être assignées à des tâches spécifiques, associées à leur sexe, la présence de certaines femmes-médecins semble améliorer certains aspects du travail médical. Il y a peut-être un stéréotype implicite dans tout ça et les femmes du secteur médical ne sont probablement pas traitées d’une bien meilleure façon que les femmes d’autres secteurs d’activité. Pourtant, au-delà du stéréotype, l’association entre féminité et relation d’aide semble se maintenir dans l’esprit des membres de certaines sociétés et peut être utilisée pour rendre la médecine plus «humaine», tant dans la diversité que dans cette notion d’empathie raisonnée, évoquée par l’humanisme.

Je ne peux m’empêcher de penser à cette remarquable expérience, il y a quelques années déjà, de participer à un colloque académique à forte présence féminine. En plus d’une proportion élevée de femmes, ce colloque sur la nourriture et la culture donnait la part belle à l’image de la mère nourricière, à l’influence fondamentale de la sphère donestique sur la vie sociale. Bien que mâle, je m’y suis senti à mon aise et je garde de ces quelques jours l’idée qu’un monde un tant soit peu féminisé pouvait avoir des effets intéressants, d’un point de vue social. Un groupe accordant un réel respect à la condition féminine peut être associé à une ambiance empreinte de «soin», une atmosphère “nurturing”.

Le milieu geek peut être très agréable, à divers niveaux, mais la notion de «soin», l’empathie, voire même l’humanisme n’en sont pas des caractéristiques très évidentes. Un monde geek accordant plus d’importance à la présence des femmes serait peut-être plus humain que ce qu’un portrait global de la culture geek semble présager.

Et n’est-ce pas ce qui s’est passé? Le ‘Net s’est partiellement féminisé au cours des dix dernières années et l’émergence du média social est intimement lié à cette transformation «démographique».

D’aucuns parlent de «démocratisation» d’Internet, usant d’un champ lexical associé au journalisme et à la notion d’État-Nation. Bien qu’il s’agisse de parler d’accès plus uniforme aux moyens technologiques, la source de ce discours se situe dans une vision spécifique de la structure social. Un relent de la Révolution Industrielle, peut-être? Le ‘Net étant construit au-delà des frontières politiques, cette vision du monde semble peu appropriée à la communication mondialisée. D’ailleurs, qu’entend-on vraiment par «démocratisation» d’Internet? La participation active de personnes diversifiées aux processus décisionnels qui créent continuellement le ‘Net? La simple juxtaposition de personnes provenant de milieux socio-économiques distincts? La possibilité pour la majorité de la planète d’utiliser certains outils dans le but d’obtenir ces avantages auxquels elle a droit, par prérogative statistique? Si c’est le cas, il en reviendrait aux femmes, majoritaires sur le Globe, de décider du sort du ‘Net. Pourtant, ce sont surtout des hommes qui dominent le ‘Net. Le contrôle exercé par les hommes semble indirect mais il n’en est pas moins réel.

Cet état des choses a tendance à changer. Bien qu’elles ne soient toujours pas dominantes, les femmes sont de plus en plus présentes, en-ligne. Certaines recherches statistiques semblent d’ailleurs leur assigner la majorité dans certaines sphères d’activité en-ligne. Mais mon approche est holistique et qualitative, plutôt que statistique et déterministe. C’est plutôt au sujet des rôles joués par les femmes que je pense. Si certains de ces rôles semblent sortir en ligne direct du stéréotype d’inégalité sexuelle du milieu du XXè siècle, c’est aussi en reconnaissant l’emprise du passé que nous pouvons comprendre certaines dimensions de notre présent. Les choses ont changé, soit. La conscience de ce changement informe certains de nos actes. Peu d’entre nous ont complètement mis de côté cette notion que notre «passé à tous» était patriarcal et misogyne. Et cette notion conserve sa signifiance dans nos gestes quotidiens puisque nous nous comparons à un modèle précis, lié à la domination et à la lutte des classes.

Au risque, encore une fois, de faire appel à des stéréotypes, j’aimerais parler d’une tendance que je trouve fascinante, dans le comportement de certaines femmes au sein du média social. Les blogueuses, par exemple, ont souvent réussi à bâtir des communautés de lectrices fidèles, des petits groupes d’amies qui partagent leurs vies en public. Au lieu de favoriser le plus grand nombre de visites, plusieurs femmes ont fondé leurs activités sur la blogosphère sur des groupes relativement restreints mais très actifs. D’ailleurs, certains blogues de femmes sont l’objet de longues discussions continues, liant les billets les uns aux autres et, même, dépassant le cadre du blogue.

À ce sujet, je fonde certaines de mes idées sur quelques études du phénomène de blogue, parues il y a déjà plusieurs années (et qu’il me serait difficile de localiser en ce moment) et sur certaines observations au sein de certaines «scènes geeks» comme Yulblog. Lors de certains événements mettant en contacts de nombreuses blogueuses, certaines d’entre elles semblaient préférer demeurer en groupe restreint pour une part importante de la durée de l’événement que de multiplier les nouveaux contacts. Il ne s’agit pas ici d’une restriction, certaines femmes sont mieux à même de provoquer l’«effet du papillon social» que la plupart des hommes. Mais il y a une force tranquille dans ces petits regroupements de femmes, qui fondent leur participation à la blogosphère sur des contacts directs et forts plutôt que sur la «pêche au filet». C’est souvent par de très petits groupes très soudés que les changements sociaux se produisent et, des “quilting bees” aux blogues de groupes de femmes, il y a une puissance ignorée.

Il serait probablement abusif de dire que c’est la présence féminine qui a provoqué l’éclosion du média social au cours des dix dernières années. Mais la présence des femmes est liée au fait que le ‘Net ait pu dépasser la «niche geek». Le domaine de ce que certains appellent le «Web 2.0» (ou la sixième culture d’Internet) n’est peut-être pas plus démocratique que le ‘Net du début des années 1990. Mais il est clairement moins exclusif et plus accueillant.

Comme ma tendre moitié l’a lu sur la devanture d’une taverne: «Bienvenue aux dames!»

Les billets publiés en l’honneur de la Journée Ada Lovelace devaient, semble-t-il, se pencher sur des femmes spécifiques, œuvrant dans des domaines technologiques. J’ai préféré «réfléchir à plume haute» au sujet de quelques éléments qui me trottaient dans la tête. Il serait toutefois de bon ton pour moi de mentionner des noms et de ne pas consigner ce billet à une observation purement macroscopique et impersonnelle. Étant peu porté sur l’individualisme, je préfère citer plusieurs femmes, plutôt que de me concentrer sur une d’entre elles. D’autant plus que la femme à laquelle je pense avec le plus d’intensité dit désirer garder une certaine discrétion et, même si elle blogue depuis bien plus longtemps que moi et qu’elle sait très bien se débrouiller avec les outils en question, elle prétend ne pas être associée à la technologie.

J’ai donc décidé de procéder à une simple énumération (alphabétique, j’aime pas les rangs) de quelques femmes dont j’apprécie le travail et qui ont une présence Internet facilement identifiable. Certaines d’entre elles sont très proches de moi. D’autres planent au-dessus de milieux auxquels je suis lié. D’autres encore sont des présences discrètes ou fortes dans un quelconque domaine que j’associe à la culture geek et/ou au média social. Évidemment, j’en oublie des tonnes. Mais c’est un début. Continuons le combat! 😉

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Social Networks and Microblogging

Microblogging (Laconica, Twitter, etc.) is still a hot topic. For instance, during the past few episodes of This Week in Tech, comments were made about the preponderance of Twitter as a discussion theme: microblogging is so prominent on that show that some people complain that there’s too much talk about Twitter. Given the centrality of Leo Laporte’s podcast in geek culture (among Anglos, at least), such comments are significant.

The context for the latest comments about TWiT coverage of Twitter had to do with Twitter’s financials: during this financial crisis, Twitter is given funding without even asking for it. While it may seem surprising at first, given the fact that Twitter hasn’t publicized a business plan and doesn’t appear to be profitable at this time, 

Along with social networking, microblogging is even discussed in mainstream media. For instance, Médialogues (a media critique on Swiss national radio) recently had a segment about both Facebook and Twitter. Just yesterday, Comedy Central’s The Daily Show with Jon Stewart made fun of compulsive twittering and mainstream media coverage of Twitter (original, Canadian access).

Clearly, microblogging is getting some mindshare.

What the future holds for microblogging is clearly uncertain. Anything can happen. My guess is that microblogging will remain important for a while (at least a few years) but that it will transform itself rather radically. Chances are that other platforms will have microblogging features (something Facebook can do with status updates and something Automattic has been trying to do with some WordPress themes). In these troubled times, Montreal startup Identi.ca received some funding to continue developing its open microblogging platform.  Jaiku, bought by Google last year, is going open source, which may be good news for microblogging in general. Twitter itself might maintain its “marketshare” or other players may take over. There’s already a large number of third-party tools and services making use of Twitter, from Mahalo Answers to Remember the Milk, Twistory to TweetDeck.

Together, these all point to the current importance of microblogging and the potential for further development in that sphere. None of this means that microblogging is “The Next Big Thing.” But it’s reasonable to expect that microblogging will continue to grow in use.

(Those who are trying to grok microblogging, Common Craft’s Twitter in Plain English video is among the best-known descriptions of Twitter and it seems like an efficient way to “get the idea.”)

One thing which is rarely mentioned about microblogging is the prominent social structure supporting it. Like “Social Networking Systems” (LinkedIn, Facebook, Ning, MySpace…), microblogging makes it possible for people to “connect” to one another (as contacts/acquaintances/friends). Like blogs, microblogging platforms make it possible to link to somebody else’s material and get notifications for some of these links (a bit like pings and trackbacks). Like blogrolls, microblogging systems allow for lists of “favourite authors.” Unlike Social Networking Systems but similar to blogrolls, microblogging allow for asymmetrical relations, unreciprocated links: if I like somebody’s microblogging updates, I can subscribe to those (by “following” that person) and publicly show my appreciation of that person’s work, regardless of whether or not this microblogger likes my own updates.

There’s something strangely powerful there because it taps the power of social networks while avoiding tricky issues of reciprocity, “confidentiality,” and “intimacy.”

From the end user’s perspective, microblogging contacts may be easier to establish than contacts through Facebook or Orkut. From a social science perspective, microblogging links seem to approximate some of the fluidity found in social networks, without adding much complexity in the description of the relationships. Subscribing to someone’s updates gives me the role of “follower” with regards to that person. Conversely, those I follow receive the role of “following” (“followee” would seem logical, given the common “-er”/”-ee” pattern). The following and follower roles are complementary but each is sufficient by itself as a useful social link.

Typically, a microblogging system like Twitter or Identi.ca qualifies two-way connections as “friendship” while one-way connections could be labelled as “fandom” (if Andrew follows Betty’s updates but Betty doesn’t follow Andrew’s, Andrew is perceived as one of Betty’s “fans”). Profiles on microblogging systems are relatively simple and public, allowing for low-involvement online “presence.” As long as updates are kept public, anybody can connect to anybody else without even needing an introduction. In fact, because microblogging systems send notifications to users when they get new followers (through email and/or SMS), subscribing to someone’s update is often akin to introducing yourself to that person. 

Reciprocating is the object of relatively intense social pressure. A microblogger whose follower:following ratio is far from 1:1 may be regarded as either a snob (follower:following much higher than 1:1) or as something of a microblogging failure (follower:following much lower than 1:1). As in any social context, perceived snobbery may be associated with sophistication but it also carries opprobrium. Perry Belcher  made a video about what he calls “Twitter Snobs” and some French bloggers have elaborated on that concept. (Some are now claiming their right to be Twitter Snobs.) Low follower:following ratios can result from breach of etiquette (for instance, ostentatious self-promotion carried beyond the accepted limit) or even non-human status (many microblogging accounts are associated to “bots” producing automated content).

The result of the pressure for reciprocation is that contacts are reciprocated regardless of personal relations.  Some users even set up ways to automatically follow everyone who follows them. Despite being tricky, these methods escape the personal connection issue. Contrary to Social Networking Systems (and despite the term “friend” used for reciprocated contacts), following someone on a microblogging service implies little in terms of friendship.

One reason I personally find this fascinating is that specifying personal connections has been an important part of the development of social networks online. For instance, long-defunct SixDegrees.com (one of the earliest Social Networking Systems to appear online) required of users that they specified the precise nature of their relationship to users with whom they were connected. Details escape me but I distinctly remember that acquaintances, colleagues, and friends were distinguished. If I remember correctly, only one such personal connection was allowed for any pair of users and this connection had to be confirmed before the two users were linked through the system. Facebook’s method to account for personal connections is somewhat more sophisticated despite the fact that all contacts are labelled as “friends” regardless of the nature of the connection. The uniform use of the term “friend” has been decried by many public commentators of Facebook (including in the United States where “friend” is often applied to any person with whom one is simply on friendly terms).

In this context, the flexibility with which microblogging contacts are made merits consideration: by allowing unidirectional contacts, microblogging platforms may have solved a tricky social network problem. And while the strength of the connection between two microbloggers is left unacknowledged, there are several methods to assess it (for instance through replies and republished updates).

Social contacts are the very basis of social media. In this case, microblogging represents a step towards both simplified and complexified social contacts.

Which leads me to the theme which prompted me to start this blogpost: event-based microblogging.

I posted the following blog entry (in French) about event-based microblogging, back in November.

Microblogue d’événement

I haven’t received any direct feedback on it and the topic seems to have little echoes in the social media sphere.

During the last PodMtl meeting on February 18, I tried to throw my event-based microblogging idea in the ring. This generated a rather lengthy between a friend and myself. (Because I don’t want to put words in this friend’s mouth, who happens to be relatively high-profile, I won’t mention this friend’s name.) This friend voiced several objections to my main idea and I got to think about this basic notion a bit further. At the risk of sounding exceedingly opinionated, I must say that my friend’s objections actually comforted me in the notion that my “event microblog” idea makes a lot of sense.

The basic idea is quite simple: microblogging instances tied to specific events. There are technical issues in terms of hosting and such but I’m mostly thinking about associating microblogs and events.

What I had in mind during the PodMtl discussion has to do with grouping features, which are often requested by Twitter users (including by Perry Belcher who called out Twitter Snobs). And while I do insist on events as a basis for those instances (like groups), some of the same logic applies to specific interests. However, given the time-sensitivity of microblogging, I still think that events are more significant in this context than interests, however defined.

In the PodMtl discussion, I frequently referred to BarCamp-like events (in part because my friend and interlocutor had participated in a number of such events). The same concept applies to any event, including one which is just unfolding (say, assassination of Guinea-Bissau’s president or bombings in Mumbai).

Microblogging users are expected to think about “hashtags,” those textual labels preceded with the ‘#’ symbol which are meant to categorize microblogging updates. But hashtags are problematic on several levels.

  • They require preliminary agreement among multiple microbloggers, a tricky proposition in any social media. “Let’s use #Bissau09. Everybody agrees with that?” It can get ugly and, even if it doesn’t, the process is awkward (especially for new users).
  • Even if agreement has been reached, there might be discrepancies in the way hashtags are typed. “Was it #TwestivalMtl or #TwestivalMontreal, I forgot.”
  • In terms of language economy, it’s unsurprising that the same hashtag would be used for different things. Is “#pcmtl” about Podcamp Montreal, about personal computers in Montreal, about PCM Transcoding Library…?
  • Hashtags are frequently misunderstood by many microbloggers. Just this week, a tweep of mine (a “peep” on Twitter) asked about them after having been on Twitter for months.
  • While there are multiple ways to track hashtags (including through SMS, in some regions), there is no way to further specify the tracked updates (for instance, by user).
  • The distinction between a hashtag and a keyword is too subtle to be really useful. Twitter Search, for instance, lumps the two together.
  • Hashtags take time to type. Even if microbloggers aren’t necessarily typing frantically, the time taken to type all those hashtags seems counterproductive and may even distract microbloggers.
  • Repetitively typing the same string is a very specific kind of task which seems to go against the microblogging ethos, if not the cognitive processes associated with microblogging.
  • The number of character in a hashtag decreases the amount of text in every update. When all you have is 140 characters at a time, the thirteen characters in “#TwestivalMtl” constitute almost 10% of your update.
  • If the same hashtag is used by a large number of people, the visual effect can be that this hashtag is actually dominating the microblogging stream. Since there currently isn’t a way to ignore updates containing a certain hashtag, this effect may even discourage people from using a microblogging service.

There are multiple solutions to these issues, of course. Some of them are surely discussed among developers of microblogging systems. And my notion of event-specific microblogs isn’t geared toward solving these issues. But I do think separate instances make more sense than hashtags, especially in terms of specific events.

My friend’s objections to my event microblogging idea had something to do with visibility. It seems that this friend wants all updates to be visible, regardless of the context. While I don’t disagree with this, I would claim that it would still be useful to “opt out” of certain discussions when people we follow are involved. If I know that Sean is participating in a PHP conference and that most of his updates will be about PHP for a period of time, I would enjoy the possibility to hide PHP-related updates for a specific period of time. The reason I talk about this specific case is simple: a friend of mine has manifested some frustration about the large number of updates made by participants in Podcamp Montreal (myself included). Partly in reaction to this, he stopped following me on Twitter and only resumed following me after Podcamp Montreal had ended. In this case, my friend could have hidden Podcamp Montreal updates and still have received other updates from the same microbloggers.

To a certain extent, event-specific instances are a bit similar to “rooms” in MMORPG and other forms of real-time many-to-many text-based communication such as the nostalgia-inducing Internet Relay Chat. Despite Dave Winer’s strong claim to the contrary (and attempt at defining microblogging away from IRC), a microblogging instance could, in fact, act as a de facto chatroom. When such a structure is needed. Taking advantage of the work done in microblogging over the past year (which seems to have advanced more rapidly than work on chatrooms has, during the past fifteen years). Instead of setting up an IRC channel, a Web-based chatroom, or even a session on MSN Messenger, users could use their microblogging platform of choice and either decide to follow all updates related to a given event or simply not “opt-out” of following those updates (depending on their preferences). Updates related to multiple events are visible simultaneously (which isn’t really the case with IRC or chatrooms) and there could be ways to make event-specific updates more prominent. In fact, there would be easy ways to keep real-time statistics of those updates and get a bird’s eye view of those conversations.

And there’s a point about event-specific microblogging which is likely to both displease “alpha geeks” and convince corporate users: updates about some events could be “protected” in the sense that they would not appear in the public stream in realtime. The simplest case for this could be a company-wide meeting during which backchannel is allowed and even expected “within the walls” of the event. The “nothing should leave this room” attitude seems contradictory to social media in general, but many cases can be made for “confidential microblogging.” Microblogged conversations can easily be archived and these archives could be made public at a later date. Event-specific microblogging allows for some control of the “permeability” of the boundaries surrounding the event. “But why would people use microblogging instead of simply talking to another?,” you ask. Several quick answers: participants aren’t in the same room, vocal communication is mostly single-channel, large groups of people are unlikely to communicate efficiently through oral means only, several things are more efficiently done through writing, written updates are easier to track and archive…

There are many other things I’d like to say about event-based microblogging but this post is already long. There’s one thing I want to explain, which connects back to the social network dimension of microblogging.

Events can be simplistically conceived as social contexts which bring people together. (Yes, duh!) Participants in a given event constitute a “community of experience” regardless of the personal connections between them. They may be strangers, ennemies, relatives, acquaintances, friends, etc. But they all share something. “Participation,” in this case, can be relatively passive and the difference between key participants (say, volunteers and lecturers in a conference) and attendees is relatively moot, at a certain level of analysis. The key, here, is the set of connections between people at the event.

These connections are a very powerful component of social networks. We typically meet people through “events,” albeit informal ones. Some events are explicitly meant to connect people who have something in common. In some circles, “networking” refers to something like this. The temporal dimension of social connections is an important one. By analogy to philosophy of language, the “first meeting” (and the set of “first impressions”) constitute the “baptism” of the personal (or social) connection. In social media especially, the nature of social connections tends to be monovalent enough that this “baptism event” gains special significance.

The online construction of social networks relies on a finite number of dimensions, including personal characteristics described in a profile, indirect connections (FOAF), shared interests, textual content, geographical location, and participation in certain activities. Depending on a variety of personal factors, people may be quite inclusive or rather exclusive, based on those dimensions. “I follow back everyone who lives in Austin” or “Only people I have met in person can belong to my inner circle.” The sophistication with which online personal connections are negotiated, along such dimensions, is a thing of beauty. In view of this sophistication, tools used in social media seem relatively crude and underdeveloped.

Going back to the (un)conference concept, the usefulness of having access to a list of all participants in a given event seems quite obvious. In an open event like BarCamp, it could greatly facilitate the event’s logistics. In a closed event with paid access, it could be linked to registration (despite geek resistance, closed events serve a purpose; one could even imagine events where attendance is free but the microblogging backchannel incurs a cost). In some events, everybody would be visible to everybody else. In others, there could be a sort of ACL for diverse types of participants. In some cases, people could be allowed to “lurk” without being seen while in others radically transparency could be enforced. For public events with all participants visible, lists of participants could be archived and used for several purposes (such as assessing which sessions in a conference are more popular or “tracking” event regulars).

One reason I keep thinking about event-specific microblogging is that I occasionally use microblogging like others use business cards. In a geek crowd, I may ask for someone’s Twitter username in order to establish a connection with that person. Typically, I will start following that person on Twitter and find opportunities to communicate with that person later on. Given the possibility for one-way relationships, it establishes a social connection without requiring personal involvement. In fact, that person may easily ignore me without the danger of a face threat.

If there were event-specific instances from microblogging platforms, we could manage connections and profiles in a more sophisticated way. For instance, someone could use a barebones profile for contacts made during an impersonal event and a full-fledged profile for contacts made during a more “intimate” event. After noticing a friend using an event-specific business card with an event-specific email address, I got to think that this event microblogging idea might serve as a way to fill a social need.

 

More than most of my other blogposts, I expect comments on this one. Objections are obviously welcomed, especially if they’re made thoughtfully (like my PodMtl friend made them). Suggestions would be especially useful. Or even questions about diverse points that I haven’t addressed (several of which I can already think about).

So…

 

What do you think of this idea of event-based microblogging? Would you use a microblogging instance linked to an event, say at an unconference? Can you think of fun features an event-based microblogging instance could have? If you think about similar ideas you’ve seen proposed online, care to share some links?

 

Thanks in advance!