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Le petit guide du contact social en-ligne (brouillon)

Je viens de publier un «avis à ceux qui cherchent à me contacter». Et je pense à mon expertise au sujet de la socialisation en-ligne. Ça m’a donné l’idée d’écrire une sorte de guide, pour aider des gens qui n’ont pas tellement d’expérience dans le domaine. J’ai de la difficulté à me vendre.

Oui, je suis un papillon social. Je me lie facilement d’amitié avec les gens et j’ai généralement d’excellents contacts. En fait, je suis très peu sélectif: à la base, j’aime tout le monde.

Ce qui ne veut absolument pas dire que mon degré d’intimité est constant, peu importe l’individu. En fait, ma façon de gérer le degré d’intimité est relativement complexe et dépend d’un grand nombre de facteurs. C’est bien conscient mais difficile à verbaliser, surtout en public.

Et ça m’amène à penser au fait que, comme plusieurs, je suis «très sollicité». Chaque jour, je reçois plusieurs requêtes de la part de gens qui veulent être en contact avec moi, d’une façon ou d’une autre. C’est tellement fréquent, que j’y pense peu. Mais ça fait partie de mon quotidien, comme c’est le cas pour beaucoup de gens qui passent du temps en-ligne (blogueurs, membres de réseaux sociaux, etc.).

Évidemment, un bon nombre de ces requêtes font partie de la catégorie «indésirable». On pourrait faire l’inventaire des Dix Grandes Plaies d’Internet, du pourriel jusqu’à la sollicitation  intempestive. Mais mon but ici est plus large. Discuter de certaines façons d’établir le contact social. Qu’il s’agisse de se lier d’amitié ou simplement d’entrer en relation sociale diffuse (de devenir la «connaissance» de quelqu’un d’autre).

La question de base: comment effectuer une requête appropriée pour se mettre en contact avec quelqu’un? Il y a des questions plus spécifiques. Par exemple, comment démontrer à quelqu’un que nos intentions sont légitimes? C’est pas très compliqué et c’est très rapide. Mais ça fait appel à une logique particulière que je crois bien connaître.

Une bonne partie de tout ça, c’est ce qu’on appelle ici «le gros bon sens». «Ce qui devrait être évident.» Mais, comme nous le disons souvent en ethnographie, ce qui semble évident pour certains peut paraître très bizarre pour d’autres. Dans le fond, le contact social en-ligne a ses propres contextes culturels et il faut apprendre à s’installer en-ligne comme on apprend à emménager dans une nouvelle région. Si la plupart des choses que je dis ici semblent très évidentes, ça n’implique pas qu’elles sont bien connues du «public en général».

Donc, quelle est la logique du contact social en-ligne?

Il faut d’abord bien comprendre que les gens qui passent beaucoup de temps en-ligne reçoivent des tonnes de requêtes à chaque jour. Même un papillon social comme moi finit par être sélectif. On veut bien être inclusifs mais on veut pas être inondés, alors on trie les requêtes qui nous parviennent. On veut bien faire confiance, mais on veut pas être dupes, alors on se tient sur nos gardes.

Donc, pour contacter quelqu’un comme moi, «y a la manière».

Une dimension très importante, c’est la transparence. Je pense même à la «transparence radicale». En se présentant aux autres, vaut mieux être transparent. Pas qu’il faut tout dévoiler, bien au contraire. Il faut «contrôler son masque». Il faut «manipuler le voile». Une excellente façon, c’est d’être transparent.

L’idée de base, derrière ce concept, c’est que l’anonymat absolu est illusoire. Tout ce qu’on fait en-ligne laisse une trace. Si les gens veulent nous retracer, ils ont souvent la possibilité de le faire. En donnant accès à un profil public, on évite certaines intrusions.

C’est un peu la même idée derrière la «géolocation». Dans «notre monde post-industriel», nous sommes souvent faciles à localiser dans l’espace (grâce, entre autres, à la radio-identification). D’un autre côté, les gens veulent parfois faire connaître aux autres leur situation géographique et ce pour de multiples raisons. En donnant aux gens quelques informations sur notre présence géographique, on tente de contrôler une partie de l’information à notre sujet. La «géolocation» peut aller de la très grande précision temporelle et géographique («je suis au bout du comptoir de Caffè in Gamba jusqu’à 13h30») jusqu’au plus vague («je serai de retour en Europe pour une période indéterminée, au cours des six prochains mois»). Il est par ailleurs possible de guider les gens sur une fausse piste, de leur faire croire qu’on est ailleurs que là où on est réellement. Il est également possible de donner juste assez de précisions pour que les gens n’aient pas d’intérêt particulier à nous «traquer». C’est un peu une contre-attaque face aux intrusions dans notre vie privée.

Puisque plusieurs «Internautes» ont adopté de telles stratégies contre les intrusions, il est important de respecter ces stratégies et il peut être utile d’adopter des stratégies similaires. Ce qui implique qu’il faudrait accepter l’image que veut projeter l’individu et donner à cet individu la possibilité de se faire une image de nous.

Dans la plupart des contextes sociaux, les gens se dévoilent beaucoup plus facilement à ceux qui se dévoilent eux-mêmes. Dans certains coins du monde (une bonne partie de la blogosphère mais aussi une grande partie de l’Afrique), les gens ont une façon très sophistiquée de se montrer très transparents tout en conservant une grande partie de leur vie très secrète. Se cacher en public. C’est une forme radicale de la «présentation de soi». Aucune hypocrisie dans tout ça. Rien de sournois. Mais une transparence bien contrôlée. Radicale par son utilité (et non par son manque de pudeur).

«En-ligne, tout le monde agit comme une célébrité.» En fait, tout le monde vit une vie assez publique, sur le ‘Net. Ce qui implique plusieurs choses. Tout d’abord qu’il est presqu’aussi difficile de protéger sa vie privée en-ligne que dans une ville africaine typique (où la gestion de la frontière entre vie publique et vie privée fait l’objet d’une très grande sophistication). Ça implique aussi que chaque personne est moins fragile aux assauts de la célébrité puisqu’il y a beaucoup plus d’information sur beaucoup plus de personnes. C’est un peu la théorie du bruit dans la lutte contre les paparazzi et autres prédateurs. C’est là où la transparence de plusieurs aide à conserver l’anonymat relatif de chacun.

D’après moi, la méthode la plus efficace de se montrer transparent, c’est de se construire un profil public sur un blogue et/ou sur un réseau social. Il y a des tas de façons de construire son profil selon nos propres besoins et intérêts, l’effet reste le même. C’est une façon de se «présenter», au sens fort du terme.

Le rôle du profil est beaucoup plus complexe que ne semblent le croire ces journalistes qui commentent la vie des «Internautes». Oui, ça peut être une «carte de visite», surtout utile dans le réseautage professionnel. Pour certains, c’est un peu comme une fiche d’agence de rencontre (avec poids et taille). Plusieurs personnes rendent publiques des choses qui semblent compromettantes. Mais c’est surtout une façon de contrôler l’image,

Dans une certaine mesure, «plus on dévoile, plus on cache». En offrant aux gens la possibilité d’en savoir plus sur nous, on se permet une marge de manœuvre. D’ailleurs, on peut se créer un personnage de toutes pièces, ce que beaucoup ont fait à une certaine époque. C’est une technique de dissimulation, d’assombrissement. Ou, en pensant à l’informatique, c’est une méthode de cryptage et d’«obfuscation».

Mais on peut aussi «être soi-même» et s’accepter tel quel. D’un point de vue «philosophie de vie», c’est pas mauvais, à mon sens.

En bâtissant son profil, on pense à ce qu’on veut dévoiler. Le degré de précision varie énormément en fonction de nos façons de procéder et en fonction des contextes. Rien de linéaire dans tout ça. Il y a des choses qu’on dévoilerait volontiers à une étrangère et qu’on n’avouerait pas à des proches. On peut maintenir une certaine personnalité publique qui est parfois plus réelle que notre comportement en privé. Et on utilise peut-être plus de tact avec des amis qu’avec des gens qui nous rencontrent par hasard.

Il y a toute la question de la vie privée, bien sûr. Mais c’est pas tout. D’ailleurs, faut la complexifier, cette idée de «vie privée». Beaucoup de ce qu’on peut dire sur soi-même peut avoir l’effet d’impliquer d’autres personnes. C’est parfois évident, parfois très subtil. La stratégie de «transparence radicale» dans le contact social en-ligne est parfois difficile à concilier avec notre vie sociale hors-ligne. Mais on ne peut pas se permettre de ne rien dire. Le tout est une question de dosage.

Il y a de multiples façons de se bâtir un profil public et elles sont généralement faciles à utiliser. La meilleure méthode dépend généralement du contexte et, outre le temps nécessaire pour les mettre à jour (individuellement ou de façon centralisée), il y a peu d’inconvénients d’avoir de nombreux profils publics sur différents services.

Personnellement, je trouve qu’un blogue est un excellent moyen de conserver un profil public. Ceux qui laissent des commentaires sur des blogues ont un intérêt tout particulier à se créer un profil de blogueur, même s’ils ne publient pas de billets eux-mêmes. Il y a un sens de la réciprocité, dans le monde du blogue. En fait, il y a toute une négociation au sujet des différences entre commentaire et billet. Il est parfois préférable d’écrire son propre billet en réponse à celui d’un autre (les liens entre billets sont répertoriés par les “pings” et “trackbacks”). Mais, en laissant un commentaire sur le blogue de quelqu’un d’autre, on fait une promotion indirecte: «modérée et tempérée» (dans tous les sens de ces termes).

Ma préférence va à WordPress.com et Disparate est mon blogue principal. Sans être un véritable réseau social, WordPress.com a quelques éléments qui facilitent les contacts entre blogueurs. Par exemple, tout commentaire publié sur un blogue WordPress.com par un utilisateur de WordPress.com sera automatiquement lié à ce compte, ce qui facilite l’écriture du commentaire (nul besoin de taper les informations) et lie le commentateur à son identité. Blogger (ou Blogspot.com) a aussi certains de ces avantages mais puisque plusieurs blogues sur Blogger acceptent les identifiants OpenID et que WordPress.com procure de tels identifiants, j’ai tendance à m’identifier à travers WordPress.com plutôt qu’à travers Google/Blogger.

Hors du monde des blogues, il y a celui des services de réseaux sociaux, depuis SixDegrees.com (à l’époque) à OpenSocial (à l’avenir). Tous ces services offrent à l’utilisateur la possibilité de créer un profil (général ou spécialisé) et de spécifier des liens que nous avons avec d’autres personnes.

Ces temps-ci, un peu tout ce qui est en-ligne a une dimension «sociale» en ce sens qu’il est généralement possible d’utiliser un peu n’importe quoi pour se lier à quelqu’un d’autre. Dans chaque cas, il y a un «travail de l’image» plus ou moins sophistiqué. Sans qu’on soit obligés d’entreprendre ce «travail de l’image» de façon très directe, ceux qui sont actifs en-ligne (y compris de nombreux adolescents) sont passés maîtres dans l’art de jouer avec leurs identités.

Il peut aussi être utile de créer un profil public sur des plates-formes de microblogue, comme Identi.ca et Twitter. Ces plates-formes ont un effet assez intéressant, au niveau du contact social. Le profil de chaque utilisateur est plutôt squelettique, mais les liens entre utilisateurs ont un certain degré de sophistication parce qu’il y a une distinction entre lien unidirectionnel et lien bidirectionnel. En fait, c’est relativement difficile à décrire hors-contexte alors je crois que je vais laisser tomber cette section pour l’instant. Un bon préalable pour comprendre la base du microbloguage, c’est ce court vidéo, aussi disponible avec sous-titres français.

Tout ça pour parler de profil public!

En commençant ce billet, je croyais élaborer plusieurs autres aspects. Mais je crois quand même que la base est là et je vais probablement écrire d’autres billets sur la même question, dans le futur.

Quand même quelques bribes, histoire de conserver ce billet «en chantier».

Un point important, d’après moi, c’est qu’il est généralement préférable de laisser aux autres le soin de se lier à nous, sauf quand il y a un lien qui peut être établi. C’est un peu l’idée derrière mon billet précédent. Oh, bien sûr, on peut aller au-devant des gens dans un contexte spécifique. Si nous sommes au même événement, on peut aller se présenter «sans autre». Dès qu’il y a communauté de pratique (ou communauté d’expérience), on peut en profiter pour faire connaissance. S’agit simplement de ne pas s’accaparer l’attention de qui que ce soit et d’accepter la façon qu’a l’autre de manifester ses opinions.

Donc, en contexte (même en-ligne), on peut aller au-devant des gens.

Mais, hors-contexte, c’est une idée assez saugrenue que d’aller se présenter chez les gens sans y avoir été conviés.

Pour moi, c’est un peu une question de courtoisie. Mais il y a aussi une question de la compréhension du contexte. Même si nous réagissons tous un peu de la même façon aux appels non-solicités, plusieurs ont de la difficulté à comprendre le protocole.

Et le protocole est pas si différent de la vie hors-ligne. D’ailleurs, une technique très utile dans les contextes hors-ligne et qui a son importance en-ligne, c’est l’utilisation d’intermédiaires. Peut-être parce que je pense au Mali, j’ai tendance à penser au rôle du griot et au jeu très complexe de l’indirection, dans le contact social. Le réseau professionnel LinkedIn fait appel à une version très fruste de ce principe d’indirection, sans étoffer le rôle de l’intermédiaire. Pourtant, c’est souvent en construisant la médiation sociale qu’on comprend vraiment comment fonctionnent les rapports sociaux.

Toujours est-il qu’il y a une marche à suivre, quand on veut contacter les gens en-ligne. Ce protocole est beaucoup plus fluide que ne peuvent l’être les codes sociaux les mieux connus dans les sociétés industriels. C’est peut-être ce qui trompe les gens peu expérimentés, qui croient que «sur Internet, on peut tout faire».

D’où l’idée d’aider les gens à comprendre le contact social en-ligne.

Ce billet a été en partie motivé par une requête qui m’a été envoyée par courriel. Cette personne tentait de se lier d’amitié avec moi mais sa requête était décontextualisée et très vague. Je lui ai donc écrit une réponse qui contenait certains éléments de ce que j’ai voulu écrire ici.

Voici un extrait de ma réponse:

Si t’as toi-même un blogue, c’est une excellente façon de se présenter. Ou un compte sur un des multiples réseaux sociaux. Après, tu peux laisser le lien sur ton profil quand tu contactes quelqu’un et laisser aux autres le soin de se lier à toi, si tu les intéresses. C’est très facile et très efficace. Les messages non-sollicités, directement à l’adresse courriel de quelqu’un, ça éveille des suspicions. Surtout quand le titre est très générique ou que le contenu du message est pas suffisamment spécifique. Pas de ta faute, mais c’est le contexte.

En fait, la meilleure méthode, c’est de passer par des contacts préétablis. Si on a des amis communs, le tour est joué. Sinon, la deuxième meilleure méthode, c’est de laisser un commentaire vraiment très pertinent sur le blogue de quelqu’un que tu veux connaître. C’est alors cette personne qui te contactera. Mais si le commentaire n’est pas assez pertinent, cette même personne peut croire que c’est un truc indésirable et effacer ton commentaire, voire t’inclure dans une liste noire.

J’utilise pas Yahoo! Messenger, non. Et je suis pas assez souvent sur d’autres plateformes de messagerie pour accepter de converser avec des gens, comme ça. Je sais que c’est une technique utilisée par certaines personnes sérieuses, mais c’est surtout un moyen utilisé par des gens malveillants.

Si vous avez besoin d’aide, vous savez comment me contacter! 😉

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How Flame Wars Get Started

Please, don’t flame me! 😉

Though there is a specific context for this post, I prefer not talking about it. For once, context seems to matter less! 😉

Flame wars (FWs) are those personal confrontations which happen so frequently online. FWs are seen as the bane of the online world. I don’t find them particularly appealing myself. Some FWs have been at the centre of the collapse of some online communities. FWs may even be related to some people’s fears of communicating online (or offline!).

There’s a wealth of literature on FWs. This post is mainly based on my experience on (literally hundreds of) mailing-lists, forums, discussion boards, and blogs since 1993. I did read some of the research on FWs but this post is more about my own thinking.

Though it will probably sound more general than it should be, it’s based on something similar to an ethnography of online communication. As such, I don’t think so much on direct causalities but on different patterns, linking FWs with other dimensions of the culture of online groups.

Let’s go.

Ostensibly, FWs come from breakdowns in communication. Moments in which communication ceases to work properly. Note that the notion that communication is a direct transmission of a signal is a very schematic model and that I tend to prefer models which take into account diverse goals of diverse participants as well as inter-subjectivity. Authors that have influenced my thinking about those models include Gadamer, Hymes, Jakobson, Goffman, Sperber, and Molino. (Luckily, all of these authors are easy to find by their last names! Unfortunately, all of these names refer to male speakers of European languages…)

Communication breakdowns (CBs) happen in a variety of contexts and seem to be related to a large variety of factors. Differences in communication norms are quite common, even in contexts which seem to be fairly homogeneous in terms of “communities of communication” (or “speech communities”). According to some, there are speech communities in which gender differences imply such discrepancies in communication norms, causing the “You Just Don’t Understand!” principle. Quite often, a communication event will break down when the goals and expectations of different participants clash on the very possibility of communicating (“We just can’t be having this conversation!”). In my experience, rarely does CB happen when people simply disagree on a specific topic. There are many online groups in which it is quite common to take disagreement “the wrong way,” and get angry because of what appears to be much of a challenge. Though such a perspective on disagreement may contribute to communication breakdowns, my observation is that disagreement alone doesn’t cause CB. Though the term “misunderstanding” («malentendu», «quiproquo») may seem to apply to any CB, it could also be used more specifically to refer to the (very frequent) cases in which discrepancies in the way specific utterances are understood. The whole “this is not what I meant by my use of the word ‘banana’ in this post on electrical conductivity!” and other (funny to the outsider) examples of miscommunication.

In my experience, CBs are more the norm than the exception, in many contexts. Especially in verbal-intensive contexts like discussions among colleagues or fans of different teams. Quite clearly to me, online communication is also verbal-intensive and a talkative (garrulous?) guy like me takes to online communication like a fish to water.

Come to think of it, it’s really an extraordinary event (literally!) when two people fully understand each other, in a conversation. I mean, when each of them really groks what the other is saying. On average, people probably get compatible understandings of the communication content, but the kind of “merging of horizons” characterising true inter-subjectivity is quite uncommon, I think. Notice that I’m not talking about people agreeing with each other. As you probably notice, people often misunderstand each other more when they strive to make sure that they agree on everything. In fact, such a “conflict avoidance” attitude toward communication is quite common in certain speech communities while it’s ridiculed by members of other speech communities (some people probably can think of examples… :-D). Some communication scientists probably disagree with me on this matter (especially if they apply a strict Shannon-Weaver view of communication or if they hold McLuhan’s view too dearly). But, in the speech communities to which I belong most directly, disagreement is highly valued. 😉

If miscommunication is so common, it’s difficult to think of CB as the “root cause” of FWs. As so many people have been saying, since the explosion in online communication in the early 1990s, written language can be especially inefficient at transmitting “tone” and other important features of a person’s communicative intention. Online communication is mostly written but attempts to fulfill some of the same goals as oral communication. Instant Messaging (IM) and other systems of synchronous, typed communication constitute an excellent set of examples for the oral-like character of online communication. They also constitute a domain in which communication norms may differ greatly. Usually based on comparative age (most IMers are relatively young, which may cause a “generation gap”) and not, as far as I know, based on gender (i.e., younger women and younger men seem to hold fairly similar norms of communication in IM contexts). More interesting to me than the tired tirade about the “poor quality” of IM language is the fact that IMers appear quite efficient at transmitting more than just information through a rather limited medium.

So, now, how do FWs get started? Is it just that older people don’t know how to communicate efficiently? Don’t younger people have FWs? Aren’t FWs caused by (other) people’s inability to understand simple concepts? 😉

To me, FWs happen mostly in difficulties in recuperating from CBs. When a CB happens in face-to-face communication, there are well-known (and somewhat efficient) methods of preventing an outright confrontation. In some speech communities, much of those methods centre on “saving face.” At least, if we are to agree with Brown and Levinson. Whatever the method, preventing confrontation is often easy enough a task that we don’t even notice it. Even in offline written communication, many speech communities have well-established norms (including genre-specific textual structures) which make confrontation-avoidance an easier task than it can be online. To me, it wouldn’t be unfair to say that part of the issue with FWs is that specific strategies to defuse conflict are not shared very widely. Some would probably say that this lack of standardisation came with the democratisation of writing (in Euro-America, a larger proportion of the population writes regularly than was the case in the era of scribes). Not sure about that. Given the insistence of some to maintain online the rules of “étiquette” which were deemed appropriate for epistolary writing in the tradition they know best, I simply assume that there are people who think online writing had a negative impact when people forgot the “absolutely minimal” rules of étiquette.

What happens online is quite complex, in my humble opinion. Part of the failure to recover from CB may relate to the negotiation of identity. Without going so much into labeling theory, there’s something to be said about the importance of the perception by others in the construction of an online persona. Since online communication is often set in the context of relatively amorphous social networks, negotiation of identity is particularly important in those cases. Typical of Durkheimian anomie, many online networks refrain from giving specific roles to most of the individual members of the network (although some individuals may have institutionalised roles in some networks). One might even say that the raison d’être for many an online community is in fact this identity negotiation. There might be no direct relationship between an online persona and social identity in (offline) daily life, but the freedom of negotiating one’s identity is part of the allure of several online groups, especially those targeted towards younger people.

In a context of constant identity negotiation, face-saving (and recovering from face threatening acts) may seem scary, especially when relative anonymity isn’t preserved. To those who “live online” (“netizens”) losing face in online communication can be very detrimental indeed. “Netizens” do hide behind nicknames and avatars but when these are linked to a netizen’s primary online identity, the stakes of face management are quite high. Given the association between online communication and speech communities which give prominence to face (and even prestige) as well as the notion of communication as information transmission, it is unsurprising to see such a pattern.

In my personal experience as a netizen, FWs are quite easy to avoid when everyone remains relatively detached from the communication event. The norms with which I tend to live (online or offline) have a lot to do with a strategy of “not taking things too personal.” Sure, I can get hurt on occasion, especially when I think I hurt someone else. But, on average, I assume that the reasons people get angry has little to do with my sense of self. Not that I have no responsibility in CBs and other FW-related events. But I sincerely believe (and would be somewhat unwilling to be proven wrong) that taking something as a personal attack is the most efficient method to getting involved in a FW. As I want to avoid FWs as much as possible, my strategy can be measured for efficiency. No idea what the usual average is for most people but given the very large number of online discussions in which I have participated in the last fourteen years, I feel that I have been involved in relatively few FWs. Maybe I’m just lucky. Maybe I’m just oblivious to the FWs I cause. Maybe I’m just naïve. But I live happily, online and offline.